top of page

21 ans | Bisexuel

Heureux. Il était si heureux avant ça. Parfois, il se torturait un peu lui même, ne comprenant pas pourquoi un quelconque dieu ou tout simplement le destin faisait preuve d'autant de générosité à son égard. Tout semblait lui être acquis, et le pire c'est que même tout obtenir sans véritable effort ne l'ennuyait pas. Il savait s'en satisfaire à merveille. Dès sa naissance, un beau jour de juin, il avait plus ri que pleuré. Son gazouillement joyeux avait fait tombé en amour tout l'hôpital. Déjà il était beau, contrairement à tous les autres bébés qui ressemblaient comme bien souvent à des sortes de petites tortues fripées. Elevé ensuite dans un foyer chaleureux et plutôt aisé, l'enfant ne manqua jamais de rien avec des parents présents et aimants, et tout ce dont il pouvait rêver à profusion. Son entrée à l'école fut tout aussi parfaite, il faisait partie de ces gens populaires qu'on ne peut détester, qui accorde de l'attention à tous dans un sourire charismatique.

Alban McFear

Ca pouvait lui arriver d'oublier certaines personnes, mais lui personne ne pouvait l'oublier. Il avait déjà des rêves plein la tête, et tous semblaient réalisables. Avant même son entrée au lycée il était hésitant sur son avenir. Entre la danse, l'histoire ou encore l'écriture, vers quoi se tourner ?
Malheureusement pour l'enfant, il n'en eu jamais la possibilité. Alors qu'il rentrait bien tranquillement du collège avec sa nouvelle amie Louise dont il était un peu amoureux à l'époque, une voiture semblait les suivre. Alors qu'il le lui signala un peu inquiet, elle lui répliqua dans un rire qu'il se faisait des idées. Maintenant, il sentait bien le mensonge dans son rire, et pouvait même revoir quelques gouttes de sueur perler sur son front. La voiture s'était finalement arrêté, dans la poche de son "amie" un mouchoir fut sorti ainsi qu'une petite bouteille, et telle la belle aux bois dormants le sommeil devint le refuge dans lequel il fut forcé de se cacher. A son réveil, il comprit que sa vie ne serait plus jamais la même, et prit son apparent bonheur éternelle comme une illusion qui ne laissait présager que le pire. Du rire aux larmes, sa vie devint son cauchemar. Durant 6 ans, le jeune homme appris à "vivre" dans 5 m². Dans le noir. Dans la solitude. Avec pour seule visite celle de Louise, la fille de ses ravisseurs, afin de lui amener de quoi se sustenter et changer son charmant petit pot de chambre. Pourquoi n'était-il pas mort ? Pourquoi n'avait-il pas préféré le suicide à ce traitement ? L'espoir... Non évidemment que non ! Ne me faites pas rire. L'espoir, il s'en était allé au fil des jours qui s'écoulaient. Jamais il ne reverrait ses parents. La lumière du jour. Non, l'espoir si il avait pu il l'aurait simplement écorché vif, ou bien l'aurait bouffé. Ce qui l'avait fait tenir chaque seconde depuis qu'il avait compris qu'il ne pourrait pas sortir, c'était la vengeance. Cette femme devait mourir, et comme lui s'éteindre à jamais. Car oui, il se voyait comme déjà mort. Il savait bien que la tuer signerait aussi son élimination par ceux qui le gardaient captifs mais surtout en vie en échange d'argent de la part de ses parents tous les mois.

Alors, des jours durant il avait réfléchi à comment l'assassiner. Intelligent et réfléchi il voulait que tout soit parfait. Ca le maintenant, lui déjà presque cadavre attaché au niveau du pied droit à son lit, et toujours menacé d'un pistolet quand Louise lui amenait ce qui lui servait de repas. Des années à tenter d'établir un plan tangible. Il ne pouvait pas échouer et se faire abattre, sa mort devait rester dans les esprits, même si c'étaient ceux de fantômes. Pourtant, un jour la fille devenue femme vint le voir avec une assiette de bouillie, et en croisant son regard, elle finit par lâcher un petit désolé, et fondre en larmes. Serrant le flingue encore dans sa main, elle s'effondra par terre en étouffant ses pleurs de ses bras. Lui qui avait cru que tous ses sentiments s'en étaient allés avec sa liberté, pourquoi son cœur recommençait soudainement à ressentir ? Il s'approcha légèrement d'elle, du moins autant qu'il le put avec cette corde qui l'enserrait, en lui disant que ça allait aller, que ce n'était pas grave, que tout-... Ramassant l'assiette, il la fracassa sur son petit crâne et dans une rapidité désespérée il attrapa un des morceaux pour couper cette putain de corde. Toujours sans réfléchir il se jeta sur elle, et dans ce corps à corps où tous deux étaient à égalité, sa rage l'emporta contre la peine de celle qui l'avait laissé enfermé pendant tout ce temps. Un coup de feu retentit et le ventre de Louise fut perforé. Le sang ne le dégoutait pas, sa couleur au contraire était presque attirante, mais l'odeur était sur le point de le faire vomir. Non, malgré les relents atroces, il se devait de finir proprement cette mort qu'il avait tant attendue. Sous les yeux apeurés et mourants de la femme, il termina son acte avec des morceaux d'assiettes coupants, avant de rapidement se lever. Les cris avaient forcément alerté les parents, et déjà il lui semblait entendre des pas dans l'escalier. C'était enfin fini. Il était d'une certaine manière libéré... Jetant un regard vers celle qui quelques secondes plus tôt respirait encore, il remarqua un étrange bijou à son poignet. Etait ce vraiment le moment de s'attarder sur ce détail ? Une voix semblait le lui souffler pourtant... Après le lui avoir enlevé, de toute manière il ne lui servirait plus à grand chose, il se permit de le mettre. Oui, c'était son trophée de chasse. Redevenu animal, cédant à ses bas instincts, sa mort ne serait pas une mauvaise chose. N'était-il pas devenu incapable de vivre en société ? Fou, voilà ce qu'il était devenu. Serrant son nouvel objet en sentant la porte s'ouvrir pour qu'il connaisse enfin sa fin, des larmes coulaient sur ses joues. Quoi, n'avait-il donc pas le droit d'avoir peur ? Un homme se devait-il de rester courageux en tout situation ? Alors il n'en était pas un, pleurant si souvent dans cette cellule qui était devenu sa maison. De toute manière même avant d'être kidnappé ça n'avait pas fait parti de ses qualités. Pourtant, avant même qu'il ouvre les yeux, il sentit cette sensation qu'il avait oublié lui brûler les paupières. Le soleil ? Ca y est, il était mort ? Ouvrant les yeux, ce n'était néanmoins pas ce qu'il cru. Ce monde n'était pas le paradis, mais le passé comme il viendrait à le comprendre plus tard.

Nous sommes tous des bêtes, attendant le sang.

bottom of page