




Fletcher Soren
27 ans | Homosexuel
Si je devais raconter qui je suis et comment j’en suis arrivé là, il est clair que j’aurais vite fait le tour des choses. Habituellement, on dit qu’on prend de la maturité avec l’âge, mais malgré le fait que je m’approche doucement la trentaine, je ne prend pas un gramme en maturité et j’agis sans doute encore comme un enfant. Bon, ce n’est pas non plus.. en fait je n’en sais rien, je ne suis pas vraiment un très bon psychologue alors dire que je suis sans doute excessif ne pourrait sans doute n’être qu’une impression. Mais, au vu de mes talents dans l’observation.. Hum, disons que je peux parler avec maturité mais le peu d’expression que j’ai me rabaisse au grade d’enfant de 5 ans. Aller savoir pourquoi, j’ai ce petit truc chez moi qui fait que je suis trop vite jugé barbant. Je n’en veux à personne de s'ennuyer en ma présence, il est vrai que je ne me trouve moi-même pas si intéressant. Donc, oui, il est clair que je suis barbant et que j’ai pas beaucoup d'élocutions ce qui fait que je suis vraiment pas la meilleure des personnes pour les conversations.
Ma vie en soi. Voilà quelque chose que je n’ai jamais appréhendé, ma vie avec ses bons et ses mauvais côtés. Je suis loin d’être le personne qui profite de l’instant présent, a vrai dire, je me rend compte trop tard que j’ai loupé l'opportunité de m’amuser. Mais aussi loin que je me souvienne cette montre au poignet je ne l’ai plus quitté depuis mon septième anniversaire. Au début, je pensais cette montre ennuyeuse, mais petit à petit j’ai d’abord apprécié le fait de pouvoir y avoir le contrôle de mon temps. Avant de me rendre compte qu’avec elle, j’avais contrôle du temps lui-même.
Vous savez, ma vie était vraiment génial. Mes parents n’étaient pas riche mais on avait une situation des plus stable, j’avais quelques amis, j’avais de bonnes notes. Mais, il faut croire que rien de tout ça ne m’a jamais satisfait. Peut-être que ce n’est que moi, mais je trouvais ma vie fade. Cependant, moi enfant perfectionniste et calculateur c’était une vie rêver. Oui, mais non. Car en contrôlant le temps l’enfant que j’ai été a réussi à survivre à ce quotidien monotone. En contrôlant le temps, c’est moi que j’ai contrôlé et pourtant, que j’ai libéré d’un poids. Celui de l’ennuie.
Mais, aller à une seule époque ne me suffisait pas, non, j’avais en tête de toute les découvrir. J’en avait besoin, car cette envie de contrôle me disait de tout savoir pour tout prévoir. Ce n’était pas la curiosité, non, je voulais savoir comment les choses avaient évolué pour essayer de deviner le futur. Pourtant à force passer la tête dans le passé, j’en ai oublié le présent. C’est à cette période que j’ai perdu mes amis. Mais quel importance quand on peut tout oublier en sautant dans le passé ? Il me suffisait de remonter l’aiguille et je pouvais jouer avec une petite fille indienne si je le souhaitais.
Sauf que si je pensais contrôler le temps, la vérité était que c’était le temps qui me contrôlait. Et c’est à ce moment là que j’ai perdu le contrôle de tout. Oui, ma vie a dérapée mais surtout, à trop me balader dans le passé, j’ai fini par m’y perdre et quand je suis finalement revenu je ne m’étais pas rendu compte qu’au lieu d’être un petit garçon, j’étais devenu un adulte. Et j’ai changé en ce laps de temps. Oui, j’ai d’abord promis à mes parents de ne plus jamais touché à cette montre qui m’avait mené à des époques sombres et pourtant dans un coin de ma tête, je me promettais de repartir bientôt simplement car ce désordre ordonné qu’est le passé m’attirait. C’était la vie que je voulais mener. Ce qui est totalement immature, je veux dire, j’ai 27 ans. A cet âge là, je pourrais être avec quelqu’un et peut-être adopter un enfant que j’aimerai plus que tout. A cet âge on réfléchit à son futur. Pourtant moi, mon futur j’ai prit la décision de le vivre dans le passé dans lequel j’espère me perdre une deuxième fois. Et pour vu que cette fois, je ne rentre jamais chez moi. Seras-tu réellement capable de m'attraper, moi ?
Je n’aime pas parler. Du moins, pour dire des choses qui n’ont ni-queue ni-tête, je suis quelqu’un préfère de loin parler d’un sujet bien précis et garder le fils de la conversation. Mais là est tout mon problème, et je crois que je l’ai compris assez tôt, j’ai cette manie de vouloir tout prévoir à l’avance, savoir à quoi m’attendre. Pourtant, j’aime l’aventure depuis petit, mais je ne sais pas, je n’arrive pas à m’accrocher si je ne sais pas un minimum ou ça va me mener.
« Eh, tu sais
J'ai toujours du temps à perdre
Mais je préfère le gagner. »