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Nakamura Isei

16 ans | Bisexuel

« N'y a-t-il pas un moyen pour que je puisse changer les choses ? »

Autour de lui, de la chaleur, un parfum, une présence. Dans sa tête, un seul mot : Aveugle. Gardant les yeux fermés pour mieux révéler une beauté à coupé le souffle. Un visage éteint sur lequel apparaît mille émotions. L'estomac noué d’appréhension. Puis les yeux s'ouvrent. Le regard se perd loin de là, pour se plonger dans un monde si chaleureux. Une présence qui réchauffe le coeur. Son coeur. Un monde qui s'illumine en un instant. Tellement de couleurs autour de soit que ça en devient étouffant. Ce mot, maintenant remplacé, oublié depuis longtemps. Le monde se dessine devant lui, les odeurs, les couleurs, les bruits, même l'herbe sous ses doigts. Il voit. Pour la première fois, ce jeune homme brisé voit. Pour la première fois, cet être brisé vit. Il pleure et fixe le ciel, tendant la main comme s'il pouvait toucher les nuages. Puis un sourire.

D'abord hésitant puis bientôt aussi lumineux que le soleil lui-même. Fixant son regard devant lui il l’aperçoit. Cette personne. Ce parfum, cette voix. La présence qui réchauffait son coeur et effaçait ce mot. Faisait disparaître ses cauchemars et ses peurs. Il se lève pour tomber. Il se relève pour avancer. Il cours pour aimer. Il trébuche pour renoncer. Pour oublier. Mais elle. Cette personne qui vient de tourner la tête et de lui tendre la main. Pour elle. Pour elle il se relève une dernière fois. Il cours en pensant à sa vie d'autrefois. A ce lui perdu dans le noir, seul. Le calme, tout a toujours été trop calme. Le vide, tout a toujours été trop vide. Mais maintenant, c'est autre chose qui l'attend. Une main tendue pleine de promesses. Des rires, des larmes. De la joie, de la tristesse. De la tendresse. Adieu la timidité, adieu le gamin complexé. Adieu ce monde noir, Adieu ce monde où il ne pouvait voir. Il a suffit d'une montre pour lui offrir un autre monde. Le passé. Ce passé où il n'est même pas censé exister et où pourtant il a déjà une place attribué. Ce monde lui permettant d'être lui-même. Ce monde lui permettant d'oublier le calme et le silence. Ce monde le laissant ouvrir les yeux et chasser cette noirceur, cette peur. Il respire. Il attrape la main toujours tendue devant lui. Il fixe le sourire plus doux que tout ce qu'il n'a jamais connu. Il plonge son regard dans ses yeux. Il oublie. Oublie tout, sa vie, sa famille, le monde auquel il appartient. Il oublie le présent, ne fait plus attention au temps. Se laisse porter par le vent. Se cheveux s'emmêlent, ses vêtement se soulèvent. Il plisse les yeux et regarde de nouveau ce soleil qui brille de mille feux. Jamais. Jamais il ne laissera le temps reprendre son cours. Jamais il ne retournera là-bas, dans cet endroit appelé chez soi. Il ne fermeras plus jamais les yeux. Il ne lâcheras plus jamais cette main. Il ne veut pas perdre se cadeau gagné lorsque lui-même s'est perdu dans le passé. Il veut voir. Voir et à jamais.

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